>1er juillet 2016
1er juillet 20162018-12-27T16:11:49+00:00

1er juillet 2016

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Le recrutement du chef

Je savais que le recrutement du chef n’allait pas être qu’une partie de plaisir étant donné le manque de main d’oeuvre dans le secteur, eh bien, je n’ai pas été déçu !

J’ai d’abord passé des coups de fil et des mails à mes amis et mon réseau ayant une attache plus ou moins proche avec le milieu de la restauration. Je leur ai demandé d’activer leurs connaissances pour m’envoyer des candidats.

J’ai déposé une annonce dans le journal « L’hôtellerie restauration ». J’ai reçu une quantité assez importante de candidatures, enfin, le mot « candidatures » n’était pas toujours très approprié. Il y a ce chef qui vante le mérite de mon restaurant et commence sa lettre de motivation par « Madame » alors que de toute évidence, je n’ai pas encore changé de sexe. Ça sent le copier-coller à plein nez. Il y a ces candidats qui envoient leur candidature en doublon ou en triplon, ne se souvenant pas à quelle annonce ils postulent. Il y a ce candidat qui balance comme tant d’autres son CV sans aucun texte dans le mail, pas même un bonjour. Comme la candidature semblait de qualité, je lui laisse une chance et un message sur son répondeur, pas de réponse le lendemain, j’envoie un mail, il me dit qu’il pourra m’appeler au mieux dans quelques jours. Je lui renvoie un message : « M. X, appelez-moi alors lundi sur mon portable, je serai en congé mais prendrai néanmoins votre appel dans la mesure de mes disponibilités. Appelez-moi à partir du moment où votre motivation pour postuler au poste est forte, ce que nos premiers échanges ne me montrent pas. Cordialement. » Sa réponse est alors expéditive : « Bonsoir. N’attendez pas mon appel. X »

Il y a cet autre candidat à qui je fais passer d’abord un rapide entretien téléphonique. Sa candidature me semble intéressante à approfondir. Je lui propose de se présenter le lendemain au chef, il accepte, il ne s’est jamais présenté.

Il y a en n ce candidat qui m’envoie une réponse étrange à l’annonce que j’avais déposée dans l’Hôtellerie-Restauration. Je la reprends mot pour mot (sauf les x, y z) :
« Je me présente je suis Mr X, jeune Chef cuisinier de 24ans Mon apprentissage au saint de l’équipe Paul BOCUSE à collonge est une des révélations de ma créativité de ma passion de ma motivation mes surtout de mon amour des bonne chose. J’ai donc fait mes Classe au saint du Restaurant JOËL Robuchon Paris chef de partie puis sous chef et chef en remplaçant. J’ai quitté les cuisine de Joël Robuchon par choix d’avenir professionnels et par objectif. Le restaurant Y en hommage au grand Z ma offert cette place de chef ou j’ai pue évoluer et crée mon identité culinaire Se qui m’a permis d’être élue meuilleur jeune talent culinaire de moin de 25ans février 2015. Je suis actuellement en recherche d’un nouvel objectif. Je doit vous informé que je me présente au concours de mof 2018 ».

J’espère pour lui qu’il n’y aura pas d’épreuve d’orthographe au concours du meilleur ouvrier de France (mof)… Dans ce message, pas de « bonjour », pas d’ « au revoir », pas d’objet surtout. C’est un bel exemple de l’égocentrisme de beaucoup de chefs. Je me renseigne sur Internetsur le restaurant Y qui lui a offert sa place de chef et qui lui a permis de forger son identité culinaire. C’est lui-même (X) qui a créé ce restaurant, et je tombe rapidement sur une annonce légale mentionnant la liquidation en cours de cet établissement de moins d’un an.

Le chef Nicolas part dans un mois et je n’ai pas encore de pistes sérieuses. Pourtant, à force d’abnégation, mes efforts paieront.

Quand on n’y arrive pas tout seul, on cherche de l’aide. Dont acte.Je me souviens avoir reçu il y a quelque temps une pub d’un cabinet de chasseurs de tête, spécialisé dans la restauration. Je pars donc en quête d’un cabinet de recrutement, avec une force de frappe nationale, pour trouver des candidats. Un bon cabinet doit avoir aussi l’expertise pour ajuster l’offre de poste au plus près des désidératas du recruteur . Je choisis donc le cabinet de recrutement qui me paraît le plus professionnel.

Deux candidatures me sont présentées. La première émane d’un chef nantais avec d’excellentes références. Après un entretien téléphonique, nous convenons qu’il fasse un essai rapidement. Mon chef actuel lui propose un créneau sur son répondeur. Le candidat m’envoie un texto deux minutes après : « je ne donne pas suite à votre proposition ». Je rappelle, pas de réponse. Le cabinet de recrutement le rappelle, pas de réponse. Une semaine après, il écrira au cabinet de recrutement qu’il avait trouvé le ton de mon chef sur son répondeur trop directif. De la susceptibilité derrière la testostérone…

La deuxième candidature sera la bonne. J’ai un bon contact téléphonique avec Benoît qui est encore à Annecy mais qui va suivre sa femme qui est mutée à Nantes. Il m’envoie d’anciennes cartes, des photos et un article de presse sur lui. Il a travaillé quelques années dans un restaurant deux macarons au Michelin. Son dossier se présente bien ! Il fait un essai de deux jours avec le chef partant, Nicolas. Il observe d’abord, puis Nicolas le met petit à petit « au chaud », c’est-à-dire à l’envoi des plats chauds. Benoît s’en sort bien. Il s’intéresse au Bé2M,aux événements, il est séduit par la qualité des installations en cuisine et la qualité des produits qui vont lui donner beaucoup de liberté dans l’expression de sa cuisine. Quelques jours après, nous nous disons oui !

Pendant 10 jours, le chef Nicolas passe le relais au chef Benoît. Nicolas s’investi à 200% pour transmettre au mieux sa passion de la cuisine ainsique l’organisation qu’il avait mise en place au Bé2M. Il intervient en vigie sur la nouvelle carte d’été concoctée par Benoît. Tous les deux travaillent en tandem pour constituer l’offre des tables d’hôte 2016- 2017. A son départ, Nicolas me parlera de sa fierté d’ avoir évolué au sein du Bé2M. Il me parlera aussi de sa confiance dans le passage de témoin à Benoît car il sait qu’il est apte à continuer le job. Je suis ému par ses paroles, tant d’autres auraient pensé : « après moi, le déluge ».

Benoit ancien chef de la cuisine du Bé2M

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