>1er octobre 2016
1er octobre 20162018-12-27T16:18:21+00:00

1er octobre 2016

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Ma reconversion (5) – Un bar à vins à Nantes, d’accord mais dans quelle ville ?

Souvenez-vous des raisons qui m’ont amené à ouvrir un bar à vin. Un bar à vins : d’accord mais où ?

En cet hiver de l’année 2010, j’étais à Dijon en train de suivre mes deux diplômes universitaires à l’université de la vigne et du vin. Dijon aurait pu être ma destination, les hasards de la vie firent que ce ne fût qu’une étape. L’océan atlantique m’appelait, cap à l’ouest donc. Les vacances universitaires d’hiver puis de printemps m’amenèrent successivement dans quatre villes qui m’attiraient : Toulouse, Bordeaux, la Rochelle et Nantes.

A chaque fois, c’était le même branle-bas de combat : rencontres avec tout le réseau dont je disposais dans ces villes, prise de contact avec des personnalités représentatives du monde du vin et de la restauration pour les rencontrer. J’en profitais aussi pour manger et boire dans les meilleurs rades de la ville ! A 33 ans, je commençais à faire la tournée des bars :-).

J’ai vite abandonné l’idée de m’installer à Toulouse. Mon cousin qui avait monté des boulangeries Paul dans tout le Sud-Ouest m’avait prévenu que c’était difficile de trouver un fond de commerce là-bas quand on n’était pas du cru. Puis je ne « sentais » pas vraiment la ville pour y mener mes futures activités.

J’ai étudié de plus près Bordeaux, ville liée à mes origines. Quand on parle de vin, on arrive assez vite à Bordeaux non ? Là-bas, j’ai rencontré châtelains (ce n’est pas ce qui manque !), négociants, tenanciers de bar à vin, restaurateurs. Mon dernier rendez-vous m’a amené à la Tupina où j’ai rencontré un restaurateur bordelais illustre, Jean- Pierre Xiradakis. Clin d’oeil, il venait d’ouvrir la maison FREDON, maison d’hôte aménagée dans un vieil immeuble près des quais vendu par mon grand-père Olivier Fredon. De tous ces rendez-vous, je retenais qu’il était difficile de s’installer à Bordeaux quand on n’était pas bordelais ; et qu’il était encore plus difficile de s’installer à Bordeaux dans le monde du vin si on n’avait pas le pédigrée adéquat. Jean-Pierre Xiradakis était un contre-exemple certes mais j’avais entendu combien il en avait bavé pendant des années avant de s’imposer. Et puis, en proposant une large gamme de vins de Bourgogne à Bordeaux, je me serais encore moins facilité la tâche !

Je continuai donc à remonter la côte. Étape suivante : la Rochelle. Dans le passé, lorsque je me promenais dans cette ville, je me disais que j’y vivrais bien un jour. Et si c’était maintenant ? Un restaurateur m’initia aux subtilités de la ville. Je la parcourus en long, en large et en travers.Deux quartiers m’intéressaient : celui des Halles et celui de la Tour de laChaine. Les contacts pris avec d’autres commerçants étaient encourageant. Trouver un pas de porte semblait possible. Et voilà la Rochelle dans ma short list !

Etape suivante et finale : Nantes. Eh bien Nantes subit le même sort que la Rochelle : dans la short list ! Comme la Rochelle, Nantes me paraissait une ville ouverte, empreinte de culture, dynamique, lumineuse. Au bout de quelques jours, je comprenais mieux la géographie de la ville, ses « frontières », son offre de restaurants et de bar à vins. Les vins de Bourgogne étaient assez peu représentés à Nantes, d’où une place prendre.

Pour départager les deux villes, c’était d’abord une question de marché et de chiffres : quel est le dynamisme des deux villes ? Quel est l’intérêt pour le vin de ses habitants ? Que boivent-ils ? Où ? Y a-t-il encore de la place pour un nouvel arrivant ? Sur quel créneau ?J’ai sollicité la collaboration de la Junior Entreprise d’une grande école de commerce nantaise pour m’aider à répondre à ces questions. Nous avons élaboré un questionnaire pour interroger des passants à la Rochelle et à Nantes.

La route d’un jeune entrepreneur est pavée de chausse-trappes. La méfiance est nécessaire. J’ai demandé à consulter la base de données élaborée par la Junior Entreprise pour aller plus loin dans l’analyse. Et là, j’ai déchanté. Les données étaient truffées d’erreurs : lignes incomplètes, données non homogénéisées et mal orthographiées, erreurs de saisies. Conséquence : les beaux tableaux et graphiques du rapport n’étaient que des leurres. J’ai négocié la facture fortement à la baisse et j’ai refait l’étude moi-même. La place pour un nouveau bar à vin incluant une offre de restauration s’est avérée possible dans les deux villes. La grande différence résidait dans la saisonnalité de l’activité : en effet la Rochelle est une ville assez saisonnière.

En regardant les vaguelettes descendre le cour de la Loire et en croisant sur ma route un improbable pachyderme, mon coeur balança. Mon bar à vins serait nantais !
A Nantes d’accord, mais dans quel quartier ?

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ville de Nantes bar à vin le Bé2M

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