>C’est une journée qui s’annonçait ordinaire

C’est une journée qui s’annonçait ordinaire

2019-03-04T15:37:42+02:0012/02/2019|

C’est une journée qui s’annonce ordinaire au Bé2M.

C’est un vendredi de début juin avec une météo estivale, c’est donc un vendredi qui s’annonce calme : le beau temps pousse, particulièrement en fin de semaine, la clientèle vers les grandes terrasses de centre ville ou au bord de l’eau.

De midi à 12h30, presque personne n’entre dans le restaurant. Vers 12h30, la charmante Domitille qui travaille en relation avec les artistes à l’ONPL arrive avec Bertrand Chamayou, un des plus grands pianistes français, rien que ça ! Il joue en soliste le soir-même le concerto en sol de Ravel avec l’ONPL. Il vient chercher une bouteille de vin à offrir. Je lie conversation, il me raconte l’histoire de la manufacture de mon piano à queue Gotrian-Steinweg. Je lui suggère de venir au restaurant l’essayer un jour. Il me répond qu’il viendra peut-être faire un mini-concert au Bé2M en fin de soirée lors d’un prochain déplacement à Nantes. J’en salive d’avance !

Pendant que je discute, bien sûr, il y a à peu près vingt personnes qui entrent s’attabler au restaurant. Et c’est parti pour le grand show ! Tout le monde est pressé, tout le monde veut les mêmes plats, le rythme cardiaque monte d’un cran pour les équipes en cuisine et en salle !

Mes clients les plus fidèles de ma cave à vin, Jean-Guillaume et Jacques, passent en fin d’après-midi. Ils repartent avec respectivement un Cahors d’exception du château Cosse-Maisonneuve et un Coteau du Vendomois plein de gourmandise du domaine Patrice Colin. Des clientes passent aussi, elles me demandent de leur faire découvrir un vin. Je m’exécute de bonne grâce et leur propose des bouteilles correspondantes à l’humeur du moment. Je m’imagine alors comme une petite souris à leurs soirées pour voir leurs réactions lorsqu’elles déboucheront la bouteille et prendront la première gorgée.

En début de soirée, 3 papas qui ont laissé leurs jeunes judokas à leur cours arrivent comme tous les vendredis soir prendre des bières Hoegaarden et une planche de saucisson. Ils n’ont plus besoin de prendre la commande, on les sert directement. Un autre couple habitué du vendredi soir commande leur Sancerre préféré. Ils aiment venir ici décompresser après manifestement de grosses cadences de travail la semaine à Paris. Le monsieur me fait une confidence : « si vous n’étiez pas là, il faudrait vous inventer ! ». Mon copain Adrien passe ensuite, il fait également parti des murs. Une étudiante infirmière suit. Elle rit tout le temps et j’aime entendre son rire mélodieux quand je passe la servir ou lorsqueje sers les tables voisines de la sienne. J’aime aussi l’idée que dans mon bar, une étudiante puisse côtoyer un homme d’affaires. Elle amène une nouvelle copine, et m’interpelle : « vous devriez me faire une carte de fidélité vu tout le monde que je vous amène ! ». Je discute aussi avec un charmant jeune couple. La soirée est relativement calme, j’en profite pour offrir, en fin de soirée à l’étudiante infirmière Andréa et son amie Stéphanie, un verre au bar. Voilà mon système de fidélisation ! J’aime ces moments où j’ai l’occasion de nouer des relations plus profondes. Plus tard, Stéphanie se met au piano, je me mets à jouer ensuite. Andréa me demande, au moment de la fermeture, comme une faveur de compter ma caisse. Il y a décidément des journées pleines de surprises !