>L’édito du taulier
L’édito du taulier2019-03-29T16:48:12+01:00

La préparation de l’ouverture (2) – Des plans, oui, mais à quel prix !

Souvenez-vous, je travaillais avec un deuxième architecte sur le projet de travaux pour ouvrir mon restaurant (cf La préparation de l’ouverture (1)) Les discussions avec le premier architecte avaient échoué pour des questions budgétaires. Avec le nouveau, j’avais validé les plans et les documents contractuels, encore fallait-il maintenant lancer les travaux et trouver les bons interlocuteurs. Les devis sortaient au compte-goutte. Les différents corps de métier interrogés tardaient à émettre leurs propositions : électricien, plombier, menuisier, plaquiste, peintre, serrurier, vitrier notamment. Le tableau du montant des travaux se remplissait très lentement. Peu à peu émergeait une réalité difficile à encaisser : les coûts de ce nouveau projet se rapprochaient du coût de l’ancien abandonné pour cause de non-respect de mon enveloppe. Pire, le projet s’affinant, les coûts allaient même dépasser celui  de l’ancien projet (150 000€) que je trouvais déjà prohibitif. Cerise sur le gâteau, les délais des travaux s’allongeaient de plus en plus et on ne pouvait même plus envisager de commencer avant décembre, voire janvier alors que les travaux devaient être réceptionnés début décembre selon le contrat. Beaucoup d’artisans n’avaient même pas encore été trouvés. Comme je m’étais calé sur la date prévisionnelle d’ouverture, le chef de cuisine arrivait dans l’entreprise.

Ma confiance avait été abusée. De plus, j’avais accumulé les erreurs : je n’avais pas verrouillé le contrat passé avec l’architecte, il n’était pas prévu de pénalités en cas de dépassement de coûts et du délai de livraison des travaux prévu début décembre. Je m’étais laissé séduire pas son discours. J’avais choisi une personne jeune très en pointe sur l’aspect créatif mais très inexpérimentée sur la maitrise d’oeuvre. J’avais anticipé le recrutement du chef car il était inimaginable d’ouvrir sans lui.

Le matelas financier que j’avais prévu pour accompagner le lancement du restaurant fondait à vue d’oeil. J’étais remonté comme une pendule. Je me cassais un bras dans une vilaine chute à vélo. Mon rêve était en train de se transformer en cauchemar. Les relations avec l’architecte devenaient exécrables. Les dépassements budgétaires s’intensifiaient, on arrivait maintenant à 180 000€. Je courais le risque bien sérieux de faire faillite avant même d’avoir commencé.

Dans un réflexe de survie, je mis le holà. Un copain me mis en contact avec un maitre d’oeuvre qui avait réalisé de multiples projets dans la restauration et dans le commerce en général. Une semaine plus tard, sans que je ne lui aie encore donné mon accord pour travailler avec lui, une équipe d’artisans était dans les starting-blocks. J’avais des devis et un planning des travaux qui pouvaient débuter 15 jours plus tard. J’avais cette fois-ci affaire à des professionnels. Du côté de l’autre architecte, l’avancement du projet était quasi-inexistants. Je reçus des lettres de plus en plus aigres. Il se défaussait de toute responsabilité et m’enjoignait de suspendre immédiatement toute relation avec le maître d’oeuvre. Je sentis, à ce moment-là, que si je voulais sortir de cette relation, j’allais avoir besoin d’un médiateur.

Suite au prochain épisode !