>L’édito du taulier
L’édito du taulier2019-03-12T15:16:09+01:00

La préparation de l’ouverture (3) – De l’utilité d’un avocat.

Souvenez-vous (cf. la préparation de l’ouverture (2)), les travaux étaient au point mort et les relations avec mon architecte se tendaient. L’heure des décisions sonnait. Une partie ardue commençait : gérer la relation contractuelle avec l’architecte. Je trouvais une avocate formidable pour me soutenir. Mon but était de trouver un arrangement à l’amiable aussi rapidement que possible. La proposition initiale était que l’architecte travaille avec le maître d’oeuvre puisque seul ce dernier se montrait capable d’organiser les travaux. Proposition vite balayée d’un revers de main de l’architecte. Ensuite, nous proposâmes un avenant au contrat d’architecte mettant fin à la mission après la phase de conception et avant la conduite des travaux. Cet avenant fut âprement négocié et l’architecte s’engagea oralement à me remettre l’avenant signé le lendemain. C’était quelques jours avant Noël. Le lendemain, rien. Je reçus deux jours après un mail revendicatif indiquant qu’il partait en vacances pour 15 jours (sic), qu’il ne signerait rien avant son retour et qu’il n’était pas question de me permettre de passer de bonnes vacances en accédant à ma demande de signature.

A partir de ce moment-là, la communication ne se passa plus qu’entre avocats interposés. Mon avocat et moi nous attachâmes à une fastidieuse constitution de preuves de défaillance de l’autre partie. J’avançais sur des oeufs avec le maître d’oeuvre, il fallait ouvrir dès que possible, ma trésorerie ne pouvait plus attendre. Un jour, nous aperçûmes l’architecte caché au loin dans la rue en train d’observer le restaurant. Étrange. Un huissier dépêché par l’architecte se présenta juste après pour constater que des artisans effectuaient des travaux dans le local.

Dans cette situation ubuesque, nos avocats heureusement arrivèrent à travailler ensemble pour trouver un accord dans l’intérêt des parties au bout de quelques semaines encore. J’appris par mon avocat que le dialogue entre l’architecte et son avocat était également difficile mais sa patience finit par porter ses fruits. La menace d’un procès s’écartait, ce qui me permit de continuer les travaux avec le maître d’oeuvre.

Il fallait maintenant ouvrir au plus vite.

Et voilà que Marianne et moi rencontrâmes dans mon entourage un autre architecte en septembre. Il s’offusque du comportement de l’ancien architecte et me félicite d’avoir pris la décision de le quitter. Je me dis que les rencontres ne sont pas le fait du hasard. Et nous voilà replongé dans un nouveau projet architectural. Cet architecte est particulièrement méticuleux, nous enchainons alors les réunion de projet au gré des différentes phases : l’esquisse, l’avant-projet sommaire, l’avant-projet définitif, le cahier des clauses techniques particulières (CCTP) qui atteindra quasiment 100 pages. Je ne suis pas dérouté du tout par ce formalisme usuel dans mes précédentes fonctions de maître d’ouvrage d’implantation de progiciels de gestion lorsque j’étais responsable administratif et financier.

En novembre, une fois les plans digérés, il s’agit pour l’architecte de trouver les artisans, de faire des devis et de lancer les travaux. Le restaurant doit être ouvert pour la fin de l’année. Et là, les choses se corsent…